15 Juin 2017

Exomars 2016 : 19 secondes d’informations capitales

Le 16/10/2016, le module de descente Schiaparelli se séparait comme prévu de sa sonde mère, le TGO (Trace Gas Orbiter), et poursuivait seul sa trajectoire vers Mars pendant 3 jours.

La rentrée atmosphérique

Trois phases devaient se succéder pour faire atterrir la sonde Schiaparelli. Lors de l’entrée dans l’atmosphère la sonde était freinée par le frottement du bouclier thermique. L’ouverture du parachute parachevait le freinage pendant la descente, et enfin, après le largage du parachute, des rétro-fusées assuraient l’atterrissage en douceur.

Le 19/10/2016, une grande partie des 6 minutes de descente dans l'atmosphère martienne s'est déroulée comme prévue : le module est entré correctement dans l'atmosphère, son bouclier thermique le protégeant de l’élévation de température. Les capteurs ont récolté des données fondamentales sur l'atmosphère et son interaction avec la sonde dans cette phase critique.

C’est au cours de la deuxième phase que les difficultés sont apparues. Après l’ouverture du parachute, la sonde a été animée d’un mouvement de balancement tel que l’un des capteurs inertiels de position s’est trouvé saturé. Des informations contradictoires sont parvenues à l’ordinateur de bord, activant  les fonctions prévues dans le désordre (largage du bouclier avant, largage du parachute et de la protection arrière, mise en route de moteurs puis leur coupure…) et provoquant 4 000 mètres de chute libre de la sonde. Le crash était inévitable.

Reconstruire la chaîne des évènements

Grâce aux données transmises par la sonde pendant toute la descente et jusqu’au crash - durant les 19 dernières secondes - l’enchainement des évènements a été reconstitué avec précision. Les données transmises par Schiaparelli ont été relayées vers des satellites déjà en orbite martienne. 

Les images montrent que les différents éléments se sont séparés du module comme prévu et confirment l’impact au sol à grande vitesse du module.
"Nous tirerons les leçons de ces événements pour le véhicule de la mission Exomars 2020. L'atterrissage sur Mars est un défi impitoyable, mais nous devons le relever pour atteindre nos buts suprêmes" a expliqué David Parker, directeur des vols habités et de l'exploration robotique à l'ESA.

 On préfère toujours célébrer des succès. Cependant l’échec est toujours possible. Certains  sont inutiles car ils ne nous apprennent rien ; d’autres ne sont pas vains car ils nous montrent nos erreurs. C’est le cas de celui-ci. 

Michel Viso responsable des programmes exobiologie au CNES

Le rôle du CNES

Le CNES et des laboratoires français ont la responsabilité de deux instruments du véhicule européen et la France contribue au développement de trois autres instruments. Le CNES collabore aussi avec l'ESA à l’étude de la rentrée atmosphérique de l'atterrisseur en 2016 et a fourni des logiciels pour la navigation visuelle du véhicule de 2020.

Exomars en vidéo

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EXOMARS

Les deux missions Exomars de l’ESA (2016 et 2020), cherchent à déterminer si une forme de vie a émergé à la surface de Mars. Elles sont menées en coopération avec Roscosmos, l’agence spatiale russe.
La mission de 2016, a pour objectif de déterminer avec le TGO,  la composition détaillée de l’atmosphère martienne en identifiant les gaz présents à l’état de traces. Le satellite servira ultérieurement de relais de télécommunications pour la mission de 2020.
La mission de 2020 déposera à la surface de Mars une plateforme russe porteuse d’un véhicule européen. Celui-ci, équipé de neuf instruments, étudiera la structure géologique et la composition chimique du sol. Les instruments russes et européens de la plateforme collecteront des mesures d’environnement pendant une année martienne (687 jours terrestres).

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