ExoMars

Une forme de vie a-t-elle émergé sur Mars? Pour le savoir, deux missions de l’Agence spatiale européenne (ESA) sont lancées en 2016 et 2020. Cette dernière comportera l'atterrissage d’un véhicule –véritable laboratoire sur roues– à la surface de la planète rouge.

La dénomination « ExoMars » concatène « exobiologie », la science qui recherche des traces d’une forme de vie extraterrestre avec la dénomination de la planète cible. Ce programme mené en coopération avec Roscosmos, s'articule autour de 2 missions.

La mission de 2016 se compose de 2 éléments.  Le satellite Trace Gas Orbiter (TGO) qui va analyser dans un premier temps,  avec ses instruments russes et européens, les gaz présents à l'état de traces dans l'atmosphère martienne. TGO commencera sa mission scientifique après un an « d’aérofreinage » qui transformera son orbite initiale très ovale, parcourue en quatre jours, en une orbite circulaire parcourue en une journée. Un module de démonstration d'entrée atmosphérique et de descente sous parachute, largué 3 jours avant l’arrivée vers Mars, va atterrir en douceur à la surface de la planète rouge. L’ESA l‘a dénommé  « Schiaparelli » en l’honneur du célèbre astronome italien. Il est équipé de capteurs qui mesureront les performances pendant la descente et lors de l'atterrissage. Dépourvu de panneaux solaires cette plateforme fonctionnera pendant 4 jours terrestres en utilisant l'énergie restante dans ses batteries.

La mission de 2020 déposera à la surface de Mars une plateforme russe porteuse d’un véhicule européen. La plateforme d’atterrissage équipée d’instruments russes et européens prendra des mesures de son environnement pendant une année martienne (687 jours terrestres). Le véhicule de 310 kg, sera équipé de 9 instruments scientifiques dédiés à l'étude et l’analyse du sol. Une foreuse  pourra prélever des échantillons jusqu’à 2 mètres de profondeur. A cette profondeur, les composés organiques éventuels sont préservés de l’effet des rayonnements et des oxydants qui les détruisent.

Le CNES et des laboratoires français ont la responsabilité de deux instruments du véhicule européen : MicrOmega, un spectromètre capable de prendre des images dans le visible et l’infrarouge pour les études minéralogiques des échantillons prélevés ; WISDOM, un radar pour étudier le proche sous-sol afin d’en caractériser la structure. La France contribue également au développement de 3 autres instruments (MOMA, RLS et CLUPI) placés sous la responsabilité d'autres pays membres de l'ESA. Le CNES collabore aussi avec l'ESA à l’étude de la rentrée atmosphérique de l'atterrisseur en 2016 et a fourni des logiciels pour la navigation visuelle du véhicule de 2020.